Le petit oiseau est de retour dans la cage dorée des Amandiers. Sur scène, on retrouve avec plaisir cette femme amoureuse
et insouciante, cette épouse comblée, "l'oiseau rieur", comme l'appelle son mari amusé. Nora Helmer, remarquablement interprétée
par une Marina Foïs éblouissante, ne se pose aucune question. Elle est gaie, frivole, elle chante, elle danse, virevolte,
dépense sans compter. La veille de Noël, telle une enfant, elle s'extasie devant les décorations du sapin. À ses côtés, un
mari aimant, Torvald, incarné par Alain Fromager. Le couple fonctionne à merveille. Mais le soir de Noël, tout va basculer.
Nora va parler. Dévoiler un secret qui menace d'être révélé, guetter la boîte aux lettres pour intercepter le courrier qui
pourrait la compromettre aux yeux de Torvald. La tension monte.
Puis vient la révélation : Nora finit par comprendre
qu'elle n'est et n'a jamais été qu'une poupée. Articulée par son père d'abord, qui décidait tout pour elle. Puis écrasée,
confinée à demeure par un mari qui ne lui laisse aucune autonomie et manque de reconnaissance à son égard. On joue avec elle,
on lui attribue un rôle, on la manipule à loisir. Elle ne sort finalement de ses quatre murs que pour être montrée lors d'une
soirée chez des voisins, où Torvald s'est mis en tête de la faire danser, affublée d'un ravissant jupon rouge... On ne résiste
pas à la scène du retour de soirée et à l'ivresse désopilante du couple. Et, sans crier gare, on se laisse à notre tour enfermer
dans cette maison. On attend alors avec les Helmer cette chute, qui ne pourra être que dramatique. Définitive. Plus qu'un
plaidoyer féministe, c'est de liberté au sens large dont il s'agit, de respect et de renaissance. La mise en scène de Martinelli
de la tragédie d'Henrik Ibsen, poète et dramaturge norvégien du XIXe siècle, avait reçu un accueil chaleureux au printemps
2010. Elle revient plus vibrante que jamais pour quelques dates. Avant de faire tourner la poupée.
Une maison de poupée d'Henrik Ibs...











































