Pippo Delbono, l'enfant terrible du théâtre italien, investit le théâtre du Rond-Point avec Après la bataille (Dopo la battaglia). Politique, poétique et d'une énergie folle, le spectacle visite à la fois les champs de bataille contemporains et les démons intimes de son créateur, Pippo Delbono. Rencontre.
Intituler votre spectacle "Après la bataille", est-ce faire preuve de fatalisme ?
Non, au fond, la bataille n'est pas terminée, même si l'explosion est un peu passée. Avec la crise économique, on a le droit de faire une nouvelle économie et de reprendre le sens primordial de la politique : la communauté. Nous avons perdu l'être humain, et il est nécessaire de le remettre au centre.... Parfois, toucher au fond des choses aide. Le jour où j'ai monté Après la bataille à Rome, Berlusconi est tombé. On fait du théâtre pour casser des murs, et parfois, on tombe au moment juste.
Votre pays est très présent dans le spectacle...
L'Italie est là, mais c'est une Italie devenue le symbole d'un système, le signal d'alarme d'une tendance plus générale. On ne peut plus parler de politique seulement à l'échelle d'une nation. Dans sa façon de mélanger l'argent et le pouvoir, la télévision et la politique, l'Italie a été à l'avant-garde... Pasolini parlait des "nouveaux fascismes" que produiraient les nouveaux moyens de communication. Et nous en sommes bien là ! La télévision a changé la façon de regarder le monde. Cela pourrait être quelque chose d'extraordinaire, mais c'est devenu un masque, qui fait accepter le mensonge comme une chose normale.
Pourquoi projeter des images d'êtres en souffrance (peuples en guerre, sans-abri...) ? Avez-vous le sentiment de parler en leur nom ?
Parfois, il faut sortir du théâtre. D'y amener une autre vie. Et je ne peux rien oublier. Nous oublions trop de choses de notre histoire. Nous oublions les peuples qui furent maltraités, ceux qui continuent à l'être. Je suis récemment allé en Allemagne, à Dachau, pour un projet. Je pense aux gitans, qui ont é...











































