Point de "guerre picrocholine" là-dessous. Ni la revanche de directeurs "frustrés" de n'être pas assez primés, comme l'avait
laissé entendre le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Ni même, pensez donc, l'énième avatar du conflit "théâtre public-théâtre
privé". Non. Les théâtres (29 selon les "dissidents", 22 selon les "légitimistes") qui appellent à "tourner la page des Molières"
l'en assurent : leur mouvement ne vise pas à enterrer la cérémonie, mais, bien au contraire !, à la faire renaître, à la secouer,
à la sauver de la sclérose.
Selon Francis Nani, le directeur du théâtre du Palais-Royal qui, depuis le 29 novembre 2011, mène le mouvement, la soirée
doit en effet être entièrement repensée. Pour lui, qui l'a vue naître il y a 25 ans et qui a passé plus d'un demi-siècle dans
le métier, il est urgent qu'elle redevienne ce qu'elle fut lors de sa création : "une grande fête", destinée à donner l'envie
du théâtre au public le plus large. Comme à l'époque où, raconte-t-il, le spectacle était dans la salle autant que sur scène,
et où les spectateurs se gondolaient devant Poiret ou Serraut. "Aujourd'hui, la cérémonie est beaucoup trop longue, déplore-t-il.
Il faudrait arrêter de la diffuser en direct, pour pouvoir couper au montage les discours qui emmerdent le monde. Et faire
participer les spectateurs aux votes !"
"Emmerdant" ? Le terme est fleuri. Mais qui aime bien... "Notre seule motivation, écrivent les frondeurs dans une mise au point à destination de la presse, est de travailler à la création d'une nouvelle soirée, avec l'ambition d'en faire un événement culturel, moderne et festif, capable de donner ou de redonner aux téléspectateurs le goût, l'envie, la curiosité de venir au théâtre, sans se cantonner dans le registre de la remise des prix et des discours convenus."
Les téléspectateurs sont-ils de cet avis ? Les audiences de la soirée, traditionnellement retransmise sur France 2, se dégradent chaque année. En 2011, malgré de louables efforts p...











































